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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 11:35
Prenez un écrivain passionné de cuisine et vous aurez ... un critique gatronomique dans certains cas mais aussi l'auteur d'un livre très drôle sur les affres du "cuisinier domestique obsessionnel". Julian Barnes est un Anglais fin gourmet qui, à l'approche de la trentaine, a décidé de ne plus se contenter de plats surgelés ou en boîte. Et si vous ricanez doucement à l'idée d'un Anglais aux fourneaux, Barnes saura vous clouer le bec : "Savez-vous que dans les années 70, il y avait trois restaurants en Provence récompensés de trois étoiles au guide Michelin et aucun à Londres, tandis que 20 ans plus tard, il n'y en avait plus un seul en Provence mais trois à Londres ?". Les Anglais n'ont donc plus à être complexés. Surtout quand, comme Barnes, ils aiment la France et sa cuisine (sans parler de sa littérature puisque Barnes s'est notamment rendu célèbre grâce à son roman "Le perroquet de Flaubert").

Mais se mettre aux fourneaux peut s'avérer intimidant voire paralysant et friser l'obsession. Propriétaire d'une collection délirante d'ustensiles et livres de cuisine, Julian Barnes est néanmoins fidèle à quelques classiques anglo-saxons dont le fameux Vegetable book de Jane Grigson qui a fourni cet hiver une savoureuse
recette de panais à ce blog et prône le retour des légumes traditionnels tels que la betterave ou le chou marin.

Pourtant, cela ne l'empêche pas de s'arracher les cheveux face à des recettes trop imprécises : "Quelle est la taille d'"un morceau, le volume d'un "doigt" ? (...) Est-ce qu'une tasse est un terme générique rudimentaire ou une mesure américaine précise ? Pourquoi recommander d'ajouter un "verre à vin" de quelque liquide quand on trouve des verres à vin de toutes les tailles ?" Obsessionnel en effet... mais on se reconnaît souvent dans les situations qu'il décrit avec un sens de l'autodérision so british. Malgré les difficultés et le stress de celui qui oeuvre sans commis et avec un seul four dans sa cuisine (son rêve serait d'en avoir deux !), Julian Barnes ne perd pas son sens de l'humour et décomplexe tous les cuisiniers du quotidien. Son livre m'a par exemple donné envie d'essayer de préparer des soufflés, ce que je ne me suis encore jamais risquée à faire...

Bref, "un homme dans sa cuisine" est à mon avis un livre salutaire et qui met en appétit. Il mérite de trouver sa place sur toute étagère de livres de recettes aux côtés du fameux "Je sais cuisiner" de Ginette Mathiot, notre Jane Grigson nationale.
 

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Published by friedliches Fenouil - dans art et littérature
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commentaires

cakesandco 14/09/2009 20:51

Pour avoir vécu Outre-Manche, je sais qu'on y mange très bien, je ne connaissais pas ce livre et je ne suis pas certaine de pouvoir resister à l'achat très longtemps...