Jeudi 12 mars 2009
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11:30
Jeanne est la (toujours joyeuse) responsable légumes de l'Amap dont je fais partie, "les mauvaises herbes de la butte" dont
le lieu de distribution est rue de Crimée dans le XIXème arrondissement de Paris. J'ai eu envie de lui demander en quoi cela consiste et ce que ça lui apporte. Elle a volontiers répondu à mes
questions, merci encore Jeanne !
Depuis combien de temps es-tu membre de cette Amap ?
Je suis membre de l'Amap depuis deux saisons, soit un an. Ma première saison était à l'Amap de la place des fêtes (La cagette de Belleville) puis j'ai rejoint celle de la rue de Crimée.
Pourquoi as-tu voulu adhérer à une Amap ?
J'ai fait connaissance avec le fonctionnement des Amap via ma soeur, qui a adhéré avant moi dans le 15ème. Souvent, j'allais récupérer son panier quand elle était indisponible. Je suis devenue
dépendante au goût des légumes et à l'ambiance des permanences. Petit à petit, j'ai commencé à comprendre les fondements, l'engagement derrière des producteurs, la relation très spéciale de ce
groupe de personnes vis-à-vis de ce qu'ils mangent, partagent. Et puis, j'ai rencontré Benoît Feyler, le producteur des Amap 19 et là, je me suis dit "WAOU".
Comment et quand es-tu devenue responsable légumes ?
Au moment de ce changement entre les deux Amap, j'en ai profité pour m'engager un peu plus. Je commençais à comprendre le fonctionnement des permanences, le rythme d'une saison. Je pensais pouvoir
apporter quelque chose. J'ai toujours été sensible à cette idée de l'action locale, modeste et appliquée qui fait avancer les choses. Je connais assez bien le milieu associatif et j'ai cette
culture à la fois professionnelle et personnelle de m'investir dans un projet collectif car en faisant, j'apprends.
Que fait concrètement un responsable légumes ? Combien de temps cela te prend-il (en gros, sur une saison)?
Concrètement, le responsable légumes assure cette période précise de changement de saison. Pendant trois permanences consécutives, le responsable légumes fait signer les contrats, récupère les
chèques de paiement, il reporte tous les noms et les détails de ces paiements sur un tableau qui servira de base de suivi au producteur et il constitue la liste définitive de répartition des
paniers par adhérent pour le suivi des permanences.
Il s'assure aussi que les adhérents en cours reconduisent dans les temps leur souscription puis il évalue le nombre de nouveaux adhérents et les sollicite via la liste d'attente gérée par le site
web.
Enfin, il explique le déroulement des permanences aux nouveaux, s'assure que tous les adhérents ont compris le fonctionnement, coordonne ses données avec les autres responsables (oeufs, pain,
miel...).
Qu'est-ce que ce rôle t'a permis d'apprendre sur l'Amap que tu n'aurais pas découvert en tant que simple adhérente ?
Tout d'abord et le plus important, cela m'a permis de rencontrer les adhérents, de comprendre leurs propres motivations et pouvoir les transmettre à des nouveaux intéressés. C'est aussi l'occasion
de se retrouver en plus des AG, en plus petit nombre, comme lors des réunions de bureau pour discuter ensemble des décisions à soumettre au groupe. C'est un investissement agréable et motivant. Je
suis très contente d'avoir noué des relations amicales avec certains et d'échanger sur des sujets spécifiques avec d'autres. Les discussions sont riches parce qu'elles touchent toujours à nos
convictions, nos espoirs de mieux faire ensemble.
Par friedliches Fenouil
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Samedi 28 février 2009
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16:09
Il y a deux semaines, nous étions une douzaine (sur une quarantaine) d'adhérents à nous retrouver un vendredi soir autour
d'un far breton pour
l'assemblée générale extraordinaire de notre AMAP (les Mauvaises herbes de la Butte). Nous avions différents points importants pour
le fonctionnement de l'association à discuter. Car à l'AMAP, il y a tout un travail associatif au-delà des
distributions.
Par exemple, nous avons
décidé de modifier la durée de notre engagement auprès de notre producteur de légumes. Pour simplifier sa gestion et celle de
l'association, il a été proposé et adopté de porter la durée de nos contrats de 6 mois à 12 mois. Comme on paie le producteur à l'avance pour qu'il puisse avoir suffisamment de fonds pour acheter
ses semences par exemple ou pour faire face à des imprévus (achat de nouveau matériel...), il a fallu aussi définir le mode de règlement pour ces contrats plus longs. Il ne faut pas que cela mette
les adhérents en difficulté pour payer leur abonnement. Il a donc été décidé de proposer des échelonnements, à condition de remettre tous les chèques à la fois (nous fonctionnons sur un principe de
confiance mais il n'est pas interdit de prendre quelques précautions !).
Grâce à ce nouveau système, les responsables des souscriptions légumes n'auront plus leur gros travail de paperasserie qu'une fois par an au lieu de 2 ! Et pour Benoît, notre maraîcher, les
contrats "colleront" ainsi davantage aux saisons qui rythment son travail.
Nous avons aussi voté pour que le calendrier de l'association (assemblée générale etc.) soit aligné sur cette nouvelle durée.
Nous avons également dû trouver une solution pour le panier que nous "offrons" au lieu qui accueille nos distributions. Ce
panier-cadeau fait partie de l'accord qui nous permet d'occuper un local une fois par semaine. Jusqu'à présent, c'est Benoît qui fournissait le panier. Or, nous estimons que cela devrait plutôt
être à la charge de l'association. Mais comment financer ce panier ? Nous en avons parlé pendant l'AG et avons choisi de faire payer une cotisation supplémentaire de quelques euros à chaque
adhérent. Le tarif sera le même qu'on soit abonné pour un panier ou un demi-panier seulement puisque la taille du panier ne change rien au fait que nous ayons tous besoin d'un lieu.
Par contre, pour différentes raisons, on a préféré appliquer deux tarifs différents pour les paniers et demi-paniers pour la cotisation destinée à participer aux frais de transport. Mais l'idée d'un calcul en
fonction des revenus des adhérents paraît très intéressante puisqu'elle permettrait de prolonger l'engagement solidaire de l'Amap. La majorité des présents a pour l'instant préféré une autre
solution en attendant que cette piste soit creusée. Des membres de l'Amap y réfléchiront donc d'ici la prochaine assemblée générale.
Nous avons aussi débattu de l'intérêt de changer les horaires de notre distribution. Pour finir par décider de ne rien changer pour l'instant... Et l'adhérent qui coordonne les sorties à la ferme nous a promis de nous donner très bientôt les prochaines dates de ces journées à la Bikad.
L'Amap évolue en fonction des attentes des producteurs et des suggestions de ses membres. Chaque Amap est donc différente même si elles cherchent toutes à recréer du lien entre les producteurs et
les consommateurs, à soutenir une agriculture durable et de qualité, dans le cadre de la charte
des Amap.
Par friedliches Fenouil
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Mardi 24 février 2009
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15:09
Si la première Amap (Association pour le maintien d’une
agriculture paysanne) a été créée en France en 2001, c’est dans les années 60 que le concept a émergé… au Japon, à l’initiative de mères de famille. A une époque en pleine expansion économique,
ces femmes s’inquiètent de l’industrialisation de l’agriculture et des pollutions au mercure de produits de consommation courante. Elles décident alors de mettre en place un partenariat, une
Teikei, entre consommateurs et producteurs pour les produits laitiers, dans un premier temps. Les membres s’engagent à acheter la récolte d’un paysan, à condition qu’il n’utilise pas la chimie
dans sa production. En 1971, les Teikeis s’organisent au sein de l’Association japonaise de l’agriculture biologique et fonctionnent suivant dix principes inscrits dans une charte. Ainsi sont
nées les bases de l’Amap que nous connaissons aujourd’hui.
A la même époque et de façon parallèle, un tel concept se développe aussi en Europe, plus exactement en Suisse et en
Allemagne. Il essaimera aux Etats-Unis, sous le nom de Communauty Supported Agriculture (CSA) dans le milieu des années 80 seulement. Et c’est par cette voie qu’il sera introduit en France par
Denise et Daniel Vuillon, un couple de maraîchers des environs de Toulon, qui l’a découvert à Manhattan où des New-Yorkais venaient chercher leur panier.
Mise en œuvre dans leur exploitation en 2001, cette expérience leur a permis de maintenir leur activité dans une région qui a perdu 15 000 exploitations agricoles en 5 ans.
Ce modèle a aujourd’hui fait des petits. En France, on compte plus de 800 Amap. Et il séduit un nombre croissant de
personnes. Toutefois, les Amap ne sont pas toujours assez nombreuses pour accueillir tous les consommateurs désireux de prendre part à un tel partenariat. Particulièrement en région parisienne où
il est difficile de trouver des paysans prêts pour l’aventure.
Aux Etats-Unis et au Canada, on compterait près de 1 700 CSA et 1 000 en Grande-Bretagne. Au Portugal, la formule se développe également sous le nom de Reciproco. Au Japon,, les Teikeis existent
toujours, mais elles ont tendance aujourd’hui a fonctionné sous forme de coopératives de consommation, en raison de la forte urbanisation du pays.
Par amap
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Mardi 27 janvier 2009
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14:27
Le centre d'animation de la place des fêtes
A Paris, trouver un local pour la livraison et la distribution des paniers hebdomadaires d’une Amap relève du parcours du combattant. Avec peine, on y arrive quand même. L'Amap,
« La cagette de Belleville » à Paris 19ème, a conclu un accord avec le centre d’animation de la Place des fêtes. La contrepartie consiste à lui laisser un panier de légumes par semaine.
D’où l’appellation, « panier du lieu », payé par les adhérents de l’Amap. La distribution a lieu le samedi matin dans la cuisine du centre où un panier lui est réservé. Mais que fait-il
de tous ces légumes ? Personne ne s’était posé la question jusqu’à présent. Mieux vaut tard que jamais.
Le centre d’animation propose de nombreux cours de cuisine pour les enfants, les ados et les adultes (cuisine asiatique,
du marché, familiale, italienne, légère, orientale, dessert et pâtisserie). C’est la raison pour laquelle le centre est équipé d’une cuisine professionnelle. Et non pour produire les repas des
salariés, qui doivent se débrouiller par eux-mêmes.
Des ateliers de cuisine
Nos légumes constituent donc une partie de la matière première préparée par les « élèves » du Centre, et principalement par ceux de Christine Souchard qui anime chaque semaine deux
ateliers de cuisine du marché, deux ateliers de cuisine du monde et un autre de cuisine asiatique. Bien sûr, un panier ne suffit pas. Elle complète donc avec des légumes achetés au marché. Mais
Christine comme les usagers font bien la différence entre les légumes bio produits par notre maraîcher, Benoît Feyler dans sa ferme de la Bikad, et les produits de l’agriculture conventionnelle
de Rungis. Selon elle, rien à voir en termes de goût, d’apparences et de fermeté. Dans les cours de cuisine et de stages qu’elle anime au Centre ou dans le cadre de son association Créasens, elle
utilise autant que possible les produits de l’agriculture biologique et milite pour son développement. Elle crée également des recettes de cuisine qu’elle fait faire à ses élèves. Elle a la
gentillesse de nous en communiquer quelques-une. La première est une recette de marmelade de citrouille.
Par Champ de roses
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Dimanche 25 janvier 2009
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14:10
J'entends souvent dire “J'aimerais bien faire partie d'une Amap mais me bloquer un créneau
horaire dans la semaine et ne pas choisir mes légumes, ça m'arrête, c'est trop de contraintes pour moi.” Pourtant, pour moi, non seulement ce ne sont pas des contraintes, mais ce sont même des
points très positifs de l'Amap.
Le temps
C'est toujours un plaisir d'aller à une distribution, rien à voir avec l'obligation d'aller au
supermarché ou même sur des marchés bondés. Ici, pas de queue à la caisse, pas de messages publicitaires qui vous sautent aux yeux ou aux oreilles pendant votre passage, pas d'incitation à
consommer plus (pas de tête de gondole), personne qui vous écrase les pieds ou essaie de vous piquer la place dans la file d'attente. On retrouve au contraire d'autres Amapiens (de vrais humains ! beaucoup plus avenants que ceux qu'on voit dans les rayons des magasins) et les producteurs qui peuvent
nous parler de leur travail. Et si on est pressé, on passe en coup de vent, personne ne nous oblige à rester ! Quand on part en vacances ou qu'on a un empêchement, on fait appel à des copains ou
d'autres Amapiens pour récupérer le panier à notre place, et le tour est joué.
Le choix des légumes
Quant aux légumes, le fait de ne pas les choisir pousse à être créatifs et à (re)découvrir des saveurs. Rien n'empêche de compléter son panier ailleurs si un légume
nous manque terriblement. Personnellement, je n'ai souscrit que pour un demi-panier au vu de ma consommation moyenne de légumes et je dois parfois acheter quelques légumes en plus, en fin de
semaine (notre distrib' est le samedi). Mais je le fais toujours à reculons car ils sont tellement moins bons ! Et pour moi, la vraie contrainte, c'est de me trouver devant un stand de légumes et
de me demander ce que je vais bien pouvoir faire à manger et donc ce que je dois acheter. Je trouve beaucoup plus simple de découvrir ce que j'ai dans mon panier (j'aime les surprises !) et
ensuite de concocter ou chercher une nouvelle recette sur Internet ou dans des livres de cuisine.
L'engagement associatif
Une chose est sûre : faire partie d'une Amap, ce n'est pas seulement avoir de bons légumes venant directement de la ferme.
C'est aussi adhérer à une association et contribuer à sa vie. La contrainte est peut-être finalement plus là : être présent aux AG, assurer une distribution de temps en temps et participer aux
débats. Mais là encore, c'est une question de point de vue. Je n'y vois qu'un engagement logique et agréable dans ma démarche de consomm'actrice, pas une contrainte !
Par friedliches Fenouil
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