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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 10:15
Après le chou et la pomme de terre, j'aimerais à présent vous parler de deux légumes qui ont beaucoup inspiré les scénaristes.

La carotte, appât ou trépas ?


La carotte est aussi un des légumes favoris de la langue française. « Marcher à la carotte » découle de «  la carotte et le bâton » qui s'inspire de l'expression anglaise « the carrot and the stick ». Pour faire avancer un âne ou une mule, deux solutions sont en effet possibles : l'attirer en lui tendant une carotte ou le forcer en lui donnant un coup de bâton. Les versions françaises de cette expression sont apparues au milieu du XXe siècle seulement. Au XVIIIe siècle, « avoir ses carottes cuites » signifiait « être mourant » car les carottes étaient le plus souvent cuites avec de la viande (donc un animal mort). Par extension, « les carottes sont cuites » a pris le sens de « la situation est désespérée » comme dans la fameuse réplique de Pierre Dac : « C'est quand les carottes sont cuites que c'est la fin des haricots. Et bilatéralement. »



Elle est pas belle, ma salade ?

La pauvre salade a souvent un rôle négatif puisqu’elle désigne des histoires inintéressantes ou peu crédibles, voire des mensonges : « raconter des salades », « c’est toujours la même salade ». Ah, qui n'a pas en mémoire cette réplique savoureuse de Pépé le Moko (de Julien Duvivier) : « Garde tes salades. Et puis, lâche ton oseille. » ? Si je laisse mon imagination courir pour trouver une explication à cette connotation péjorative, je dirais qu'au temps des forts des Halles, certains vendeurs appâtaient peut-être les chalands avec des salades faussement fraîches et que les clients en ont déduit que celui qui « raconte des salades » n’est pas fiable, mais ce n'est que mon interprétation ! « Vendre sa salade » signifie « chercher à convaincre » mais dans ce cas, la salade peut être « honnête ». Enfin, le « panier à salade » initialement destiné à égoutter ce légume a bien entendu pris un autre sens en désignant de manière étonnamment champêtre un véhicule où on aimerait pourtant éviter d’atterrir un jour. Il faut savoir que les parois des premiers fourgons cellulaires au XIXe siècle n'étaient pas opaques mais à claire-voie. Et que les prisonniers, tels des salades dans leurs paniers, y étaient bien secoués puisque l'attelage était tiré par des chevaux sur des routes peu lisses. 




Sources :
Le Robert de la langue française
http://expre.fr
http://www.expressio.fr
« Phraséologie potagère: les noms de légumes dans les expressions françaises contemporaines » de J. Amerlynck (éditions Paperback)




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Published by friedliches Fenouil - dans art et littérature
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commentaires

Sylvie 13/01/2009 14:13

On apprend plein de choses. J'espère qu'il y aura encore d'autres légumes.